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Guide pour comprendre le parcours juridique des entrepreneurs en Thaïlande
Au cours de la dernière décennie, la Thaïlande s’est imposée comme l’une des destinations les plus attractives d’Asie du Sud-Est pour les investisseurs internationaux souhaitant créer une entreprise. Grâce à sa situation stratégique au cœur de l’ASEAN, à ses infrastructures logistiques modernes et à une économie numérique en pleine expansion, le pays offre des opportunités considérables aux entrepreneurs et aux chefs d’entreprise étrangers. Les entrepreneurs d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Asie choisissent de plus en plus la Thaïlande comme base pour des projets dans les domaines des services technologiques, de la fabrication, des énergies renouvelables, des plateformes numériques et du tourisme.
Bien que la Thaïlande offre de nombreuses opportunités, devenir entrepreneur en Thaïlande ne se résume pas à une simple formalité administrative. Le système juridique thaïlandais combine le droit civil et la réglementation administrative. Cette structure unique nécessite une planification minutieuse pour garantir la conformité. Tout ressortissant étranger souhaitant devenir entrepreneur en Thaïlande doit se familiariser avec plusieurs textes législatifs clés, notamment le Code civil et commercial régissant les personnes morales, la Loi sur les entreprises étrangères B.E. 2542 (1999), qui réglemente la participation étrangère à l’économie, et le Code fiscal thaïlandais régissant l’imposition des sociétés.
Contrairement aux juridictions où les investisseurs étrangers peuvent créer librement des sociétés sans restriction, la Thaïlande maintient un environnement d’investissement contrôlé, conçu pour protéger les industries nationales tout en encourageant l’investissement international. Par conséquent, toute personne envisageant de devenir entrepreneur en Thaïlande doit évaluer la structure d’entreprise appropriée, vérifier si son activité relève de secteurs soumis à des restrictions et se conformer aux réglementations en matière d’immigration et de travail régissant les dirigeants et les employés étrangers.
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Table des matières
L’environnement juridique pour les entrepreneurs étrangers en Thaïlande
Le Code civil et commercial comme cadre juridique de base pour les entrepreneurs en Thaïlande
L’entrepreneuriat en Thaïlande est principalement régi par le Code civil et commercial, en particulier le Livre III, Titre XXII, relatif aux sociétés de personnes et de capitaux. Les articles 1012 à 1095 régissent les sociétés de personnes, tandis que les articles 1096 à 1273 régissent les sociétés de capitaux, en définissant la responsabilité des associés et des actionnaires, ainsi que les devoirs et responsabilités des administrateurs de société.
Ces dispositions établissent les principes fondamentaux du droit des sociétés thaïlandais, notamment la personnalité juridique, les droits des actionnaires et les responsabilités des administrateurs. Toute personne souhaitant devenir entrepreneur en Thaïlande doit comprendre comment ces règles structurent la gouvernance d’entreprise et limitent la responsabilité.
Le rôle de la loi sur les entreprises étrangères
Outre le Code civil et commercial, les investisseurs étrangers souhaitant devenir entrepreneurs en Thaïlande doivent se conformer à la loi sur les entreprises étrangères, B.E. 2542 (1999). Cette législation restreint la participation étrangère dans certains secteurs et établit des exigences de licence pour certaines activités économiques.
La loi classe les secteurs soumis à des restrictions en trois catégories selon le degré de restriction. Ces dispositions déterminent si un investisseur étranger peut exercer de manière indépendante en tant qu’entrepreneur en Thaïlande ou s’il doit s’associer à des actionnaires thaïlandais.
Principales autorités de régulation
Les entrepreneurs en Thaïlande doivent interagir avec plusieurs autorités de régulation
Le Département du développement des entreprises (DBD) supervise l’enregistrement des sociétés et la déclaration des entreprises. Le Département des recettes gère les questions fiscales, notamment l’impôt sur les sociétés et la TVA. Le Conseil thaïlandais de l’investissement (BOI) encourage les investissements étrangers et accorde des incitations aux entrepreneurs dans les secteurs stratégiques. Enfin, le ministère du Travail supervise la réglementation en matière d’emploi et la délivrance des permis de travail aux travailleurs étrangers.
Structures d’entreprise disponibles pour les entrepreneurs en Thaïlande
La Thaïlande propose plusieurs structures juridiques aux investisseurs étrangers souhaitant devenir entrepreneurs dans le pays.
Sociétés de personnes
La législation thaïlandaise reconnaît trois types de sociétés de personnes.
La société en nom collectif est la forme la plus simple. Les associés gèrent conjointement l’entreprise et se partagent les bénéfices, mais leur responsabilité en matière de dettes est illimitée.
Une société en nom collectif enregistrée devient une personne morale dès son enregistrement auprès du Département du développement des entreprises, bien que les associés demeurent personnellement responsables de ses obligations.
La société en commandite distingue les associés commandités, qui ont une responsabilité illimitée, et les associés commanditaires, dont la responsabilité est limitée à leur apport en capital.
Sociétés à responsabilité limitée pour les entrepreneurs en Thaïlande
La société à responsabilité limitée est la forme juridique la plus couramment utilisée par les investisseurs étrangers souhaitant créer une entreprise en Thaïlande. Régie par les articles 1096 à 1273 du Code civil et commercial, cette structure crée une entité juridique distincte dont les actionnaires bénéficient d’une responsabilité limitée.
Suite aux modifications du Code civil et commercial entrées en vigueur en février 2023, une société à responsabilité limitée doit compter au moins deux fondateurs et être gérée par des administrateurs nommés par les actionnaires. En raison de sa flexibilité et de la protection juridique qu’elle offre, cette structure reste l’option privilégiée pour la plupart des personnes souhaitant exercer une activité entrepreneuriale en Thaïlande.
Autres structures d’entreprise
Les entreprises de plus grande taille peuvent créer une société anonyme régie par la loi sur les sociétés anonymes de l’an b.e. 2535 (1992). Ces sociétés peuvent lever des capitaux auprès du public et coter leurs actions à la Bourse de Thaïlande.
Les sociétés étrangères peuvent également établir une succursale pour mener des activités commerciales au nom du siège social étranger. Il est également possible d’ouvrir un bureau de représentation pour des activités non génératrices de revenus, telles que l’étude de marché ou le contrôle qualité. Certains groupes multinationaux créent également des bureaux régionaux pour coordonner leurs opérations en Asie du Sud-Est.
Restrictions en matière de participation étrangère et loi sur les entreprises étrangères
Définition d’une société étrangère
En vertu de l’article 4 de la loi sur les entreprises étrangères, une société est considérée comme étrangère lorsque 50 % ou plus de ses actions sont détenues par des personnes physiques ou morales étrangères. Cette règle s’applique non seulement aux actionnaires individuels, mais également aux sociétés contrôlées par des investisseurs étrangers.
Par conséquent, certains secteurs peuvent restreindre la participation étrangère, obligeant les investisseurs à obtenir une licence d’activité étrangère, à bénéficier des mesures de promotion du BOI ou à structurer leur investissement conformément à la réglementation applicable.
Activités commerciales soumises à restriction pour les entrepreneurs en Thaïlande
La loi sur les entreprises étrangères classe les activités soumises à restriction en trois listes.
- La liste 1 contient les secteurs où la participation étrangère est strictement interdite.
- La liste 2 comprend les secteurs liés à la sécurité nationale ou au patrimoine culturel.
- La liste 3 contient les secteurs de services dans lesquels les investisseurs étrangers ne peuvent opérer qu’après avoir obtenu une licence d’entreprise étrangère.
Il est essentiel de bien comprendre ces catégories pour tout investisseur envisageant de devenir entrepreneur en Thaïlande.
Interdiction des actionnaires prête-noms pour les entrepreneurs en Thaïlande
La loi thaïlandaise interdit strictement le recours à des prête-noms pour contourner les restrictions en matière de propriété étrangère. L’article 36 de la loi sur les entreprises étrangères prévoit des sanctions pénales pour de tels arrangements.
L’investisseur étranger et le prête-nom thaïlandais s’exposent tous deux à des sanctions pouvant aller jusqu’à une amende d’un million de THB, à une peine d’emprisonnement allant jusqu’à trois ans, ainsi qu’à des amendes journalières supplémentaires jusqu’à ce que la conformité soit rétablie. Les entrepreneurs souhaitant exercer leurs activités en toute légalité en Thaïlande doivent donc garantir une transparence totale dans la structure de leur actionnariat.
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Procédures pour devenir entrepreneur en Thaïlande et créer sa société
Réservation du nom et enregistrement de la société pour les entrepreneurs en Thaïlande
La première étape pour toute personne souhaitant devenir entrepreneur en Thaïlande consiste à réserver un nom de société via le système électronique du Département du développement des entreprises.
Le nom de société proposé doit être unique et ne ressembler à aucun nom de société existant.
Acte constitutif
Les promoteurs doivent déposer un acte constitutif comprenant la dénomination sociale, l’adresse du siège social, les objectifs commerciaux, la structure du capital social et les noms des promoteurs.
Assemblée statutaire et enregistrement
Les promoteurs doivent ensuite tenir une assemblée statutaire afin d’adopter les statuts, de nommer les administrateurs et de désigner un commissaire aux comptes. Une fois qu’au moins vingt-cinq pour cent du capital social a été libéré, la société peut être officiellement enregistrée auprès du ministère du Commerce.
Licences d’exploitation spécifiques au secteur et conformité réglementaire
Outre l’enregistrement de la société, certaines activités nécessitent des licences spécifiques au secteur délivrées par des autorités spécialisées.
Par exemple, les activités d’hôtellerie doivent se conformer à la loi sur l’hôtellerie B.E. 2547 (2004). Les restaurants et les entreprises alimentaires relèvent de la loi sur l’alimentation B.E. 2522 (1979).
Les services touristiques sont réglementés par la loi sur les entreprises touristiques et les guides B.E. 2551 (2008), tandis que les activités manufacturières peuvent nécessiter une autorisation en vertu de la loi sur les usines B.E. 2535 (1992).
Les investisseurs étrangers qui envisagent de créer une entreprise en Thaïlande doivent donc effectuer une vérification préalable de la conformité réglementaire avant de lancer leurs activités.
Promotion des investissements et incitations gouvernementales pour les entrepreneurs en Thaïlande
Incitations du Conseil de l’investissement
Le Conseil thaïlandais de l’investissement offre des incitations importantes aux investisseurs souhaitant s’implanter en Thaïlande.
En vertu de la loi sur la promotion des investissements B.E. 2520, les entreprises soutenues par le BOI peuvent bénéficier d’exonérations de l’impôt sur les sociétés, d’exonérations des droits d’importation sur les machines et de procédures simplifiées pour l’obtention de visas et de permis de travail.
Exemptions relatives à la participation étrangère
La promotion du BOI peut permettre aux investisseurs étrangers de détenir 100 % de leur entreprise, même dans des secteurs normalement soumis à des restrictions en vertu de la loi sur les entreprises étrangères. Ces incitations comprennent souvent des exonérations de l’impôt sur les sociétés et, dans certains cas, l’autorisation de posséder des terrains à des fins commerciales, sous réserve de l’approbation des autorités compétentes.
Cette exemption est particulièrement intéressante pour les entreprises technologiques, manufacturières et axées sur l’innovation, ainsi que pour les start-ups.
Le Corridor économique de l’Est
Le Corridor économique de l’Est (EEC) couvre les provinces de Chonburi, Rayong et Chachoengsao. Les investisseurs opérant dans cette région bénéficient d’incitations supplémentaires et de procédures réglementaires simplifiées conçues pour soutenir les industries stratégiques.
Immigration, permis de travail et conformité opérationnelle pour les entrepreneurs en Thaïlande
Les ressortissants étrangers souhaitant devenir entrepreneurs en Thaïlande doivent se conformer à la réglementation en matière d’immigration et de travail.
Visas d’affaires
Le visa le plus couramment utilisé par les entrepreneurs étrangers est le visa de non-immigrant B délivré en vertu de la loi sur l’immigration B.E. 2522 (1979). Ce visa permet aux investisseurs étrangers d’entrer en Thaïlande pour mener des activités commerciales et préparer le lancement de leur entreprise.
Exigences en matière de permis de travail
Les dirigeants étrangers gérant activement leur entreprise doivent obtenir un permis de travail délivré par le ministère du Travail en vertu du décret d’urgence relatif à la gestion du travail des non-Thaïlandais de l’an 2560 (2017).
En général, les entreprises parrainant des employés étrangers doivent disposer d’un capital social d’environ deux millions de THB par employé étranger et employer du personnel thaïlandais, bien que ces exigences puissent varier en fonction de la structure de l’entreprise, des exemptions réglementaires ou des mesures de promotion du BOI.
Nouveaux programmes de visas
La Thaïlande a mis en place de nouveaux programmes de visas visant à attirer les entrepreneurs internationaux.
Le visa de résident de longue durée (LTR) offre un permis de séjour de dix ans aux investisseurs qualifiés et aux professionnels hautement qualifiés. Le visa « Destination Thailand » (DTV), introduit en 2024, est généralement interprété comme permettant des séjours prolongés en Thaïlande tout en menant des activités commerciales à distance pour des clients étrangers, sous réserve de la réglementation thaïlandaise en matière de travail.
Fiscalité des entreprises en Thaïlande
Impôt sur les sociétés et taxe sur la valeur ajoutée
Les entreprises opérant en Thaïlande sont soumises à l’impôt sur les sociétés à un taux standard de 20 % sur les bénéfices nets.
Les entreprises générant plus de 1,8 million de THB de chiffre d’affaires annuel doivent s’enregistrer à la taxe sur la valeur ajoutée auprès du Département des recettes fiscales thaïlandais.
Règles relatives au transfert de revenus étrangers : avant et après 2024
Avant 2024, la Thaïlande appliquait une interprétation territoriale de l’article 41 du Code des recettes fiscales thaïlandais. Les revenus étrangers perçus par un résident fiscal thaïlandais n’étaient imposables que s’ils étaient à la fois perçus et transférés en Thaïlande au cours de la même année civile.
Cette interprétation a changé à la suite des instructions n° Por. 161/2566 et Por. 162/2566 du Département des recettes, publiées en 2023 et entrées en vigueur le 1er janvier 2024. En vertu de cette interprétation, les résidents fiscaux thaïlandais séjournant en Thaïlande plus de 180 jours par an peuvent être imposés sur les revenus étrangers transférés en Thaïlande, quelle que soit l’année au cours de laquelle ces revenus ont été perçus.
Conventions de double imposition
La Thaïlande a signé plus de soixante conventions de double imposition avec des pays tels que la France, l’Allemagne, Singapour, le Royaume-Uni et les États-Unis. Ces traités préviennent la double imposition et déterminent le pays habilité à imposer certains types de revenus.
Conclusion
Devenir entrepreneur en Thaïlande offre des opportunités considérables aux investisseurs internationaux. L’économie dynamique du pays, sa situation stratégique au sein de l’ASEAN et ses infrastructures solides en font une destination attrayante pour l’expansion commerciale mondiale.
Toutefois, l’environnement juridique nécessite une planification minutieuse. Les entrepreneurs doivent comprendre le Code civil et commercial, se conformer à la loi sur les entreprises étrangères, respecter les règles d’immigration et structurer leur planification fiscale de manière appropriée.
En sollicitant les conseils d’experts juridiques et en planifiant de manière stratégique, les investisseurs étrangers peuvent évoluer en toute confiance dans le paysage commercial thaïlandais et créer des entreprises durables sur l’un des marchés les plus prometteurs d’Asie du Sud-Est.
Si vous souhaitez obtenir plus d’informations, vous pouvez prendre rendez-vous avec l’un de nos avocats.
FAQ
Les investisseurs étrangers sont légalement autorisés à créer une société et à devenir entrepreneurs en Thaïlande à condition de respecter des réglementations spécifiques. Le respect des lois relatives à la propriété étrangère et l’obtention des licences commerciales nécessaires sont des conditions essentielles à ce processus.
Bien que la participation étrangère soit limitée à 49 % dans de nombreux secteurs, certaines exceptions s’appliquent aux investisseurs internationaux. Plus précisément, les sociétés soutenues par le Conseil de l’investissement (BOI) peuvent se voir accorder l’autorisation d’une participation étrangère à 100 %.
La société à responsabilité limitée thaïlandaise est la structure juridique la plus fréquemment utilisée par les personnes souhaitant devenir entrepreneurs en Thaïlande. Cette structure est privilégiée car elle confère aux actionnaires une responsabilité limitée et offre un cadre flexible pour les opérations commerciales.
Les entreprises à capitaux étrangers doivent généralement maintenir un capital social minimum de 2 millions de THB par permis de travail étranger délivré. De plus, au moins vingt-cinq pour cent du capital social total doit être libéré lors de l’enregistrement officiel.
Oui, tout dirigeant étranger qui gère activement ou travaille au sein de l’entreprise est légalement tenu de détenir un permis de travail valide. Ce permis est délivré par le ministère du Travail et doit être accompagné d’un visa d’affaires non-immigrant en bonne et due forme.
La loi sur les entreprises étrangères B.E. 2542 (1999) limite la participation étrangère dans certains secteurs et fixe des exigences de licence pour certaines activités commerciales. Elle classe divers secteurs en trois catégories, déterminant ainsi le niveau de participation étrangère et les licences requises.
Le Conseil de l’investissement (BOI) est une agence gouvernementale qui encourage les investissements étrangers en offrant divers avantages fiscaux et non fiscaux. Ces incitations comprennent souvent des exonérations d’impôt pour les sociétés et la possibilité de posséder des terrains ou de conserver une participation étrangère à 100 %.
Le délai standard pour l’enregistrement d’une nouvelle société en Thaïlande varie généralement entre une et trois semaines, en fonction de la disponibilité des documents, de la structure de propriété et de toute exigence supplémentaire en matière de licence. Cette durée dépend de la rapidité avec laquelle le Département du développement des entreprises prépare et traite les documents nécessaires.
En vertu du droit thaïlandais général, il est interdit aux étrangers de posséder directement des terrains, bien qu’ils puissent obtenir des baux à long terme. Toutefois, les sociétés bénéficiant d’une promotion du BOI peuvent obtenir une autorisation spéciale leur permettant de posséder des terrains à des fins commerciales spécifiques.
S’y retrouver dans le cadre réglementaire et juridique complexe de la Thaïlande constitue un défi de taille pour les investisseurs étrangers. Il est fortement recommandé de faire appel à des conseils juridiques professionnels afin de garantir le strict respect des lois relatives aux sociétés, à l’immigration et à la fiscalité.
