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La Thaïlande attire de nombreux entrepreneurs, groupes internationaux et investisseurs privés qui souhaitent développer une activité en Asie du Sud-Est. Après la création d’une société thaïlandaise et la réalisation des premiers profits, une question devient centrale : comment distribuer ces bénéfices aux actionnaires et quelle taxation des dividendes en Thaïlande doit être anticipée avant le paiement ? Cette question engage à la fois le droit des sociétés, le droit fiscal, les règles bancaires et les conventions fiscales internationales.
En droit thaïlandais, un dividende n’est pas un retrait libre de trésorerie. La société doit d’abord disposer de bénéfices distribuables, respecter les règles du Civil and Commercial Code, sections 1200 à 1203, approuver la distribution selon la procédure prévue et constituer la réserve légale obligatoire. Ensuite, le dividende entre dans le champ fiscal du Revenue Code. Les dividendes de source thaïlandaise relèvent notamment de la section 40(4)(b), tandis que la retenue à la source applicable est généralement de 10 %. Ce prélèvement doit être documenté par un certificat de retenue, car il servira souvent à justifier l’impôt payé en Thaïlande auprès de l’État de résidence du bénéficiaire.
Pour un investisseur étranger, la difficulté réside surtout dans la combinaison des règles. La Thaïlande peut prélever un impôt à la source, mais le pays de résidence de l’actionnaire peut également imposer les dividendes. Une convention fiscale peut alors limiter le risque de double imposition, sans remplacer une documentation sérieuse. De même, une société promue par le Board of Investment peut bénéficier d’un régime favorable sur certains dividendes, mais uniquement si les conditions du certificat BOI et de l’Investment Promotion Act sont respectées. Cet article présente les règles applicables en 2026 avec une approche pratique pour les investisseurs internationaux.
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Table des matières
Pourquoi la taxation des dividendes en Thaïlande commence avant le paiement
La taxation des dividendes en Thaïlande ne commence pas lorsque les fonds arrivent sur le compte bancaire de l’actionnaire. Elle commence au moment où la société vérifie si elle peut légalement distribuer ses profits. Cette étape est essentielle, car la qualification fiscale du paiement dépend d’abord de sa régularité juridique. Si une société transfère des fonds sans bénéfices distribuables, sans résolution valable ou sans respect de la réserve légale, le paiement peut être contesté et la sécurité attachée à une distribution régulière de dividendes peut être compromise.
Le Code civil et commercial encadre cette opération. Les sections 1200 à 1203 prévoient notamment que les dividendes doivent être distribués selon les droits attachés aux actions, qu’ils ne peuvent être payés qu’à partir des profits et que la société doit affecter une partie des profits à la réserve légale jusqu’au seuil requis. Les traductions anglaises disponibles doivent être utilisées avec prudence, car la version thaïe officielle reste la référence juridique. Toutefois, ces textes fournissent une base claire : la société ne distribue pas une simple trésorerie disponible ; elle distribue un profit juridiquement distribuable.
Le dividende thaïlandais n’est pas un simple transfert de trésorerie
Pour un investisseur étranger, la confusion la plus fréquente consiste à assimiler le dividende à un retrait en espèces. Cette approche est dangereuse. Une société thaïlandaise possède une personnalité juridique distincte de celle de ses actionnaires. Même lorsqu’un actionnaire détient 100 % du capital, les fonds de la société ne deviennent pas automatiquement ses fonds personnels. Le dividende n’existe que lorsque la société décide régulièrement de distribuer des profits disponibles.
En pratique, la société doit préparer ses états financiers, identifier les pertes éventuelles, vérifier la réserve légale, puis faire adopter une résolution par l’assemblée générale. La section 1201 du Civil and Commercial Code autorise également des dividendes intérimaires lorsque les administrateurs estiment que les profits le justifient. Cette procédure permet de démontrer que le paiement est bien un dividende, et non une avance, un remboursement non justifié ou une sortie de fonds mal qualifiée.
La retenue à la source de 10 % : cœur de la taxation des dividendes en Thaïlande
Le cœur de la taxation des dividendes en Thaïlande repose sur la retenue à la source. Lorsqu’une société thaïlandaise verse un dividende, elle doit généralement retenir 10 % du montant brut et reverser cette somme au Revenue Department. Les dividendes relèvent notamment de la section 40(4)(b) du Revenue Code, tandis que les règles de retenue sont rattachées aux sections 50 et 50 bis. Le Revenue Department confirme également, dans ses instructions, une retenue de 10 % sur les dividendes ou parts de profits relevant de cette catégorie.
Concrètement, si une société thaïlandaise décide de distribuer 1 000 000 THB à un actionnaire, elle retiendra en principe 100 000 THB et versera 900 000 THB nets. Le dividende brut reste de 1 000 000 THB, mais l’actionnaire reçoit un montant net après impôt en Thaïlande. Cette mécanique doit être expliquée dès le départ aux investisseurs, car beaucoup raisonnent uniquement en termes de montant net reçu. La référence pratique à conserver est l’instruction fiscale du Revenue Department relative à la retenue de 10 %.
La société distributrice doit également remettre un certificat de retenue à la source. La section 50 bis du Revenue Code impose cette logique documentaire. Ce certificat atteste que l’impôt a été prélevé en Thaïlande et permet au bénéficiaire de justifier ce prélèvement auprès de son pays de résidence. Sans certificat, l’actionnaire peut rencontrer des difficultés lors de sa déclaration étrangère ou lorsqu’il demande un crédit d’impôt au titre d’une convention fiscale.
Le traitement fiscal des personnes physiques et la taxation des dividendes en Thaïlande
Lorsqu’une personne physique perçoit des dividendes d’une société thaïlandaise, la retenue à la source de 10 % constitue généralement la première couche de taxation dans le cadre de la taxation des dividendes en Thaïlande. Pour les résidents fiscaux thaïlandais, le traitement peut dépendre de l’option fiscale retenue et du droit au crédit d’impôt applicable aux dividendes versés en Thaïlande. La section 47 bis du Revenue Code joue ici un rôle important, car elle permet, dans certaines conditions, de tenir compte de l’impôt déjà supporté au sein de la société distributrice.
Toutefois, l’analyse change lorsque le bénéficiaire est un non-résident. La Thaïlande impose le revenu de source thaïlandaise par retenue à la source, mais le pays de résidence de l’actionnaire peut également imposer ses revenus mondiaux. Un investisseur français, italien, allemand ou suisse qui perçoit des dividendes en Thaïlande doit donc vérifier ses obligations déclaratives dans son pays de résidence. Le fait que la Thaïlande ait prélevé 10 % ne signifie pas toujours que la question fiscale est résolue.
Taxation des dividendes en Thaïlande : le traitement fiscal des sociétés actionnaires
Lorsque le bénéficiaire du dividende est une société, l’analyse de la taxation des dividendes en Thaïlande devient plus technique. Une société thaïlandaise qui perçoit des dividendes d’une autre société thaïlandaise peut, dans certaines conditions, bénéficier d’un traitement fiscal favorable ou d’une exclusion partielle ou totale de la base imposable. Les conditions dépendent notamment de la qualité du bénéficiaire, de la durée de détention, du pourcentage détenu et de la nature de la société distributrice.
Lorsque le bénéficiaire est une société étrangère, la retenue à la source thaïlandaise demeure le principal mécanisme. Une filiale thaïlandaise qui distribue des dividendes à sa société mère étrangère doit donc vérifier la régularité de la distribution, appliquer la retenue due, établir le certificat fiscal et préparer le dossier bancaire. La société mère devra ensuite traiter le dividende conformément à son droit fiscal national.
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Taxation des dividendes en Thaïlande : le risque de double imposition pour les actionnaires étrangers
Le principal risque pour un actionnaire étranger dans le cadre de la taxation des dividendes en Thaïlande est la double imposition. La Thaïlande taxe les dividendes versés par une société thaïlandaise. Le pays de résidence du bénéficiaire peut aussi taxer le même dividende, car il considère que son résident doit déclarer ses revenus mondiaux. Sans mécanisme correcteur, le même revenu pourrait donc supporter deux impositions successives.
Les conventions fiscales signées par la Thaïlande visent précisément à réduire ce risque. Elles déterminent la répartition du droit d’imposer dans le cadre de la taxation des dividendes en Thaïlande entre l’État de la source et l’État de résidence. Elles ne suppriment pas toujours la retenue thaïlandaise, mais elles permettent souvent au pays de résidence d’accorder un crédit d’impôt ou d’appliquer une méthode d’élimination de la double imposition. Le résultat dépend de la convention applicable et du droit interne du pays de résidence.
Conventions fiscales et taxation des dividendes en Thaïlande
Le Revenue Department publie la liste officielle des conventions fiscales conclues par la Thaïlande. Cette liste comprend de nombreuses juridictions utilisées par les investisseurs internationaux, notamment la France, l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni, Singapour, la Suisse, les États-Unis et plusieurs pays d’Asie. Chaque convention doit être lue séparément, car les conditions et les méthodes d’élimination de la double imposition peuvent varier d’une convention à l’autre.
Il faut également éviter une idée reçue. En pratique, une convention fiscale ne réduit pas automatiquement la retenue si les conditions documentaires ne sont pas réunies. Le bénéficiaire doit pouvoir prouver sa résidence fiscale, identifier correctement le bénéficiaire effectif du dividende et conserver les certificats fiscaux nécessaires. Dans certains cas, la procédure applicable peut exiger des documents supplémentaires de la société, de la banque ou de l’administration fiscale.
Taxation des dividendes en Thaïlande : les exonérations BOI possibles
Dans le cadre de la taxation des dividendes en Thaïlande, les sociétés promues par le Board of Investment bénéficient parfois d’un régime très favorable. Le guide officiel BOI 2025 indique que les projets promus peuvent bénéficier d’une exonération d’impôt sur les bénéfices nets et sur les dividendes tirés de l’activité promue, conformément aux sections 31, 31/1 et 34 de l’Investment Promotion Act. Cette règle peut constituer un avantage fiscal majeur pour les investisseurs étrangers.
Il faut toutefois formuler cette règle avec précision dans le contexte de la taxation des dividendes en Thaïlande. Tous les dividendes versés par une société BOI ne sont pas automatiquement exonérés. L’exonération s’applique aux dividendes issus d’une activité promue pendant la période applicable, sous réserve du respect des conditions du certificat BOI. Si la société exerce à la fois une activité promue et une activité non promue, elle doit distinguer l’origine des profits distribués.
Le rapatriement international des dividendes
Une fois la taxation des dividendes en Thaïlande traitée, l’actionnaire étranger doit encore rapatrier les fonds. Cette étape relève des pratiques bancaires et du contrôle documentaire des transferts internationaux. En Thaïlande, les transferts de dividendes vers l’étranger s’effectuent généralement par une banque agréée et s’inscrivent dans le cadre des règles de change appliquées par la Bank of Thailand.
Dans le cadre de la taxation des dividendes en Thaïlande, la banque peut notamment demander la résolution approuvant la distribution, les états financiers, le certificat de retenue à la source, la preuve du paiement des dividendes, les documents d’identification du bénéficiaire et, parfois, des pièces relatives à l’actionnariat. Cette demande ne signifie pas que le dividende est interdit. Elle signifie que la banque doit vérifier la nature du transfert et conserver une documentation suffisante.
Taxation des dividendes en Thaïlande : les erreurs à éviter avant toute distribution
Concernant la taxation des dividendes en Thaïlande, la première erreur consiste à confondre la trésorerie et le profit distribuable. Une société peut disposer d’un fonds disponible sans pouvoir le distribuer. La deuxième erreur consiste à oublier la réserve légale. La troisième consiste à verser un dividende sans résolution valable ou sans états financiers fiables. Ces erreurs fragilisent la distribution et peuvent constituer un risque pour les administrateurs.
La quatrième erreur consiste à négliger la retenue à la source. La société distributrice ne doit pas verser le montant brut intégral au bénéficiaire si une retenue est applicable. Elle doit retenir l’impôt, le reverser au Revenue Department et remettre le certificat correspondant. Un dividende payé sans retenue à la source correcte peut créer une dette fiscale et compliquer la situation de l’actionnaire.
Conclusion
La taxation des dividendes en Thaïlande repose sur une mécanique claire, mais elle exige une préparation sérieuse. La société doit d’abord démontrer qu’elle dispose de bénéfices distribuables, respecter le Civil and Commercial Code et documenter sa décision de distribution. Elle doit ensuite appliquer la retenue à la source, généralement au taux de 10 %, puis remettre au bénéficiaire le certificat fiscal nécessaire.
Pour les investisseurs étrangers, l’analyse de la taxation des dividendes en Thaïlande doit aller plus loin. Il faut examiner la convention fiscale applicable, le traitement dans le pays de résidence, le statut éventuel BOI et les justificatifs exigés par la banque pour le transfert international. Le dividende thaïlandais est donc une opération à la fois juridique, fiscale et bancaire. Lorsqu’elle est anticipée, elle permet de rapatrier les profits dans de bonnes conditions. Lorsqu’elle est improvisée, elle peut entraîner une double imposition, un blocage bancaire ou une contestation fiscale.
En 2026, la meilleure approche consiste à préparer la distribution dès la clôture des comptes. Cette méthode permet de sécuriser la décision sociale, de calculer correctement la retenue, d’utiliser les conventions fiscales lorsque c’est possible et de conserver les preuves nécessaires. Pour un investisseur international, cette discipline documentaire constitue souvent la meilleure stratégie d’optimisation.
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FAQ
Le taux ordinaire de retenue à la source est généralement de 10 % sur les dividendes de source thaïlandaise, sous réserve des régimes particuliers et des conventions fiscales applicables.
Pas toujours. Elle règle la première couche d’imposition en Thaïlande, mais le pays de résidence du bénéficiaire peut également imposer le dividende selon ses propres règles.
Non. La société doit disposer de bénéfices distribuables et absorber les pertes éventuelles avant toute distribution régulière.
Oui. La société doit affecter une partie des profits à la réserve légale jusqu’au seuil prévu par le droit thaïlandais, sauf exigence statutaire plus élevée.
Oui, mais la société doit respecter la procédure sociale, appliquer la retenue à la source et fournir les documents nécessaires au transfert international.
Pas nécessairement. Elles organisent surtout la répartition du droit d’imposer et permettent souvent un crédit d’impôt ou une méthode d’élimination de la double imposition.
Il faut conserver la résolution de distribution, les états financiers, le certificat de retenue à la source, les preuves de paiement et les documents bancaires relatifs au transfert.
Non. L’exonération s’applique aux dividendes issus d’une activité promue, à condition que les conditions de la BOI et la période d’exonération soient respectées.
Oui. La distribution doit cependant être traitée comme un dividende régulier, avec, le cas échéant, retenue à la source, documentation fiscale et vérification du traitement dans le pays de la holding.
La meilleure stratégie consiste à préparer la distribution avant le paiement, en vérifiant les comptes, la réserve légale, la retenue, la convention fiscale applicable et les documents bancaires.
